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Dans le billet précédent, je suis revenu sur les conditions dans lesquelles il est intéressant de faire la sociologie d'un événement, de tenter de suivre ce qu'il se passe dans une situation d'ampleur et de voir ce qu'il est possible d'en comprendre au fur-et-à-mesure. j'ai repris ensuite les interventions duworkshop just-in-time-sociology pour en lister, synthétiser les points méthodologiques et épistémologiques principaux que soulèvent les événements contemporains de plus en plus liés, soit dans leur développement soit dans leur couverture médiatique et le plus souvent les deux, aux technologies numériques, web et réseaux sociaux en première ligne. J'ai fini ce précédent billet en introduisant la collecte de tweets contenant les hashtags #manifpourtous et #mariagepourtous que j'ai engagée à la fin de l'hiver avec F. Clavert, collecte qui est en train de donner lieu à une petite étude menée en compagnie de M. Cervulle.

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Cela fait environ un mois que Frédéric Clavert a publié un post sur son expérience printanière de collecte de tweets et, ayant participé à cette collecte, je voulais ajouter quelques pierres au caïrn. Je vais principalement reprendre les points qu'il a listés, mais en les augmentant un peu, et en les abordant du point de vue d'une enquête en train de se faire (lancée il y a tout juste quelques mois), plutôt que de celui, bien plus panoramique, que lui confère sa préoccupation pour la construction des humanités numériques. Parler de cette collecte de tweets ici revient à aborder une situation à peu près inverse à celle des gros projets de recherche associant des équipes solides, aux compétences équilibrées et multiples, et à mêmes de concevoir très en amont la façon qu'elles auront de produire des données à analyser. Au contraire, je voudrais raconter comment, de manière un peu fragile, il arrive que pour pouvoir travailler sur ou autour d'un événement, faire une "sociologie du présent" (voir par exemple l'article de B. Paillard sur la sociologie de l'événement et la sociologie d'enquête chez Morin), on puisse se retrouver à improviser grâce-et-à-cause des données numériques. J'aimerais présenter ici comment il arrive qu'une étude se construise, en croisant les enjeux techniques, méthodologiques et théoriques qui s'y tressent, tout en listant, à l'occasion, quelques uns des problèmes spécifiques à la nature numérique d'une partie des données.

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J'avais complètement oublié de mentionner ici la traduction du texte "6 provocations for bigdata" de d. boyd et K. Crawford, effectuée en septembre 2011 en compagnie de P. Grosdemouge et d'internaut...

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Voici que se termine le Crossroads in Cultural Studies 2012, il a eu lieu à Paris cette année, et j'en ai parlé sur culturevisuelle tout simplement parce que j'y intervenais avec deux collègues F. Voros et KP Hofer pour une session sur les affects discutée par S. Paasonen. Le crossroads s'est déroulé sans encombres grâce à une organisation sans failles. Il a accueilli je ne sais plus combien de centaines de sessions, avec son pesant d'interventions de haut vol et de speeches hilarants, de rencontres heureuses et de boulets, d'échanges frénétiques de cartes de visites, et de personnes que l'on a croisées sans jamais comprendre ni d'où elles sortaient ni qui elles étaient. Bref, un congrès scientifique de grande taille avec son un livetweet de (presque) folie...

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Voici le texte rédigé d'une communication que j'ai faite à l'automne dernier au congrès de l'AFEA. Elle s'insérait dans un panel qui traitait des ethnographies en ligne. La question, qui peut sembler entendue dans les web studies et les digital humanities ainsi qu'en socio et en info-com, a provoqué, à notre grande surprise, un mini-tollé en... ethnologie. Rien de grave, toutefois.

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Je recopie plus bas l"information concernant le séminaire HINT "hitoires de rencontres" auquel V. Schafer et F. Georges m'ont convié à participer aux côtés de M. Pastinelli et M. Gourarier. Une capture audio a été faite, et il est donc possible d'écouter en mp3 les 3 présentations sur le site de l'ISCC ou seulement la mienne en cliquant par là.

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Le texte qui suit est une réponse à un commentaire rédigé par l'effronté J Chibois sur son carnet de recherche LASPIC sur hypothèse.org , commentaire dans lequel il revient sur le post sur le streaming et les interfaces user-friendly que j'avais publié ici il y a quinze jours. "Merci pour ta lecture et pour le retour, et si parfois il me pose problème (c'est l'objet de cette longue réponse), cela n'efface en rien le fait que toute lecture faite par quelqu'un d'un texte que l'on a soi-même écrit est une invitation généreuse à se relire (et dans mon cas à constater que je ne prends pas le temps de développer les idées qui le mériteraient ni à corriger quelques unes des fautes de conjugaisons et des millions de coquilles/digislexies par post). Je vais aller à l'essentiel, c'est-à-dire sur les points où je pense que l'on ne s'est pas compris, et où je me dois de préciser assez les choses pour rendre lisible mon premier post sur le streaming.

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Il est des jours où rentrer très tard du boulot à pied est un peu compliqué surtout si l'on rajoute le fait de tout de même jeter un oeil à ses tweets avant d'aller se coucher : l'autre soir, je vois passer cette infographie fournie par les Ecrans, le site techno-geek de libé. En une fraction de seconde ce dessin m'avait définitivement réveillé et pour tout dire rendu hystérique dans ma cuisine : il fait une erreur sur un point très simple, et, en plus, il le fait par manque de pratique du terrain sur lequel il prétend donner une leçon. L'information centrale de l'infographie affirme que le streaming n'engage aucune copie de fichier sur l'ordinateur de l'internaute et explique que c'est le principe de fonctionnement de sites web tels que megavideo (le site siamois de megaupload fermé le 19 janvier dernier) ou deezer. Voilà le problème, puisque c'est absolument faux, mais pour bien le comprendre il faut reprendre un peu comment on en arrive à parler de streaming pour deezer, youtube, ou megavideo. Ce qui va nous permettre de tracer quelques unes des lignes de forces qui président à la définition d'une technologie, des pratiques qui lui sont associées, et des représentations de l'utilisateurs qui s'y associent.

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Un nouveau LT en perspective, avec une nouvelle configuration technique et pratique : cette fois-ci, je pars seul mais avec, en parallèle des tweets, un live-stream (c'était la configuration originellement prévue pour #ede2011 :-D ). On va --peut-être pouvoir-- observer la manière dont la scripto-diffusion initiale peut se croiser avec le livestream qui est, jusqu'à présent, plutôt moteur d'une forme conversationnelle de LT.

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Du 20 au 25 aout 2011 va se tenir le congrès annuel De l'ASA à Las Vegas.
5000 Sociologues seront regroupés dans la ville des joueurs et des péchés, Beaucoup de monde donc, comparé au millier de sociologues réunis en juillet dernier à Grenoble lors de l'#AFS2011, pourtant déjà impressionnant. Peu de communication sur cet évènement en France, et, de fait, on pourrait penser qu'il n'intéresse que des américains voyant ici l'occasion de se retrouver autour d'un buffet froid. Après avoir suivi les live-tweets de certaines sessions de la première journée de #ASA2011, il apparaît évident qu'il faut enterrer la conception nationalo-centrée des réunions annuelles des associations de chercheurs, de sociologues en particuliers. Qu'est-ce qu'un live-tweet ? Pour faire rapide, c'est la transmission en direct sur le web et en séquences de 140 caractères maximum de ce que quelqu'un entend et comprend d'une intervention à laquelle il assiste dans le cadre d'un congrès. Le live-tweet peut prendre des formes variées, selon les live-tweeters et selon les conférences tweetées, mais l'intérêt du LT est suffisamment simple pour ne pas souffrir de ces variations.

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